Exposition Collective "ÉPREUVES D'ARTISTES"

3 artistes, 5 procédés anciens de développement photographique.


A l’heure où la technologie numérique permet à chacun de produire une grande quantité d’images immatérielles très rapidement et très facilement, des photographes contemporains ont décidé de revenir aux techniques anciennes et retrouver la matérialité de la pratique photographique des débuts.
Ce qui caractérise ces pratiques artisanales, ce sont la lenteur et les résultats aléatoires de chacun des tirages réalisés qui en font des oeuvres uniques. Ces procédés permettent aux photographes d’exprimer un univers poétique, dramatique, imparfait, très personnel, grâce à un rendu que la photographie numérique ne permet pas, même au prix de longs efforts.

 

 

 

Les tirages Lith d’Arthur Meehan
Ce qui caractérise le tirage Lith, c’est son aspect très contrasté et granuleux dans ses détails. Le procédé est extrêmement aléatoire, il nécessite un papier spécifique et un révélateur particulier qui donnent de l’intensité aux tirages. Le temps d’exposition est très long et le temps de révélation est très lent.
Le photographe doit jauger le moment précis où retirer l’image du révélateur pour obtenir l’image souhaitée. Contrairement au développement argentique classique, chaque tirage est aléatoire et nécessite de longues heures en laboratoire et de nombreux essais pour obtenir le résultat escompté. Le tirage Lith n’est aujourd’hui plus pratiqué que par une poignée de photographes dont Arthur Meehan est le plus célèbre représentant.
Arthur Meehan se concentre sur les courbes et les tons sensuels. Il présente ses photographies de natures mortes de fleurs et ses nus énigmatiques en éditions limitées. Elles sont réalisées à l’aide d’un appareil Polaroid ancien dont les films ne sont à présent plus fabriqués.

Les tirages au Collodions d’Isa Marcelli
La technique du Collodion a été inventée en 1850. La prise de vue s’effectue à la Chambre photographique.
Egalement appelé « Ambrotype » ou « Ferotype » selon le type de plaque utilisée, le tirage s’effectue sur un support unique, une plaque de verre ou de métal, trempée dans une solution chimique sensible à la lumière. Exposée directement dans la chambre photographique, elle est ensuite révélée chimiquement.
Lors du développement, les rouges apparaissent très sombres et les bleus deviennent très clairs. Les teintes de gris obtenues par ce procédé donnent un rendu d’une grande poésie. Isa Marcelli nous entraîne dans un univers très personnel et doux fait d’ambiances végétales et animales ainsi que de portraits où la profondeur des regards et l’intensité des expressions prédominent. La photographe présentera également des tirages argentiques développés à partir de plaques ferrotype.
Les tirages Platine de William Mark Ingram
Considéré comme le summum de la photographie alternative, le tirage Platine est un processus breveté en 1873. Il s’agit d’un procédé d’impression par contact direct du négatif sur un papier aquarelle sensibilisé au pinceau avec une émulsion à base de sels de platine. Le papier est ensuite exposé à la lumière UV puis développé manuellement dans des bains. Les particules de platine se fixent dans le papier et se transforment en métal. Le rendu de ce procédé permet d’obtenir une gamme de gris très étendue, ce qui donne beaucoup de velouté et de profondeur à l’image. La particularité de cette technique réside dans l’imprégnation des particules de platine qui permet à l’image de se conserver aussi longtemps que son support.
William Mark Ingram réalise également des “photogrammes” de fleurs et de plantes séchées qu’il glâne dans la nature au gré de ses balades. Le photogramme est une pratique ancienne, expérimentée aux tous débuts de la photographie. Il consiste à placer des objets ou des éléments de la nature sur un papier photosensible et de l’exposer directement à la lumière. Cette pratique ne requiert pas d’appareil photo et donne une composition au rendu très particulier de noir et blanc composé de peu de nuances de gris. Hasardeux mélange entre le rayon X et le tirage négatif. William Mark Ingram a réalisé de nombreux tirages Platine pour de grands noms de la photographie tels que Peter Beard, David Bailey, Marc Lagrange, Nick Brandt, Paolo Roversi. Il présente son propre travail photographique fait de lieux mystérieux, d’hommes et de femmes d’horizons divers, de moments oubliés…

INFORMATIONS PRATIQUES

 

L’exposition des trois photographes rassemble une centaine d’œuvres développées selon les différentes techniques anciennes : tirages Lith, Collodion humide, tirages Argentiques et tirages Platinum. Chaque oeuvre est unique, développée par l’artiste, numérotée et signée.

 

Le domaine de Graux accueille l’exposition collective d’Isa Marcelli, Arthur Meehan et William Mark Ingram
du samedi 28 octobre au dimanche 10 décembre 2017.

 

Le vernissage a lieu le samedi 28 octobre de 15h à 20h en présence des trois artistes.

 

L’exposition est accessible au public au prix de 5 euros du 28 octobre au 10 décembre les jeudi, vendredi,
samedi et dimanche de 14h à 19h.

Domaine de Graux / rue de Graux – 7532 Tournai - Belgique